
Punition, caprice… ces mots qui n’existent pas dans l’éducation scandinave

L’apprentissage de la lecture dans les pays scandinaves : une approche basée sur le plaisir et le respect du rythme de l’enfant
Nous, parents, avons tous connu ce moment de panique : notre enfant trébuche, tombe… et on se précipite, le cœur battant, prêts à le réconforter avant même qu’il ne réalise ce qui s’est passé. Et si, au lieu d’intervenir tout de suite, on le laissait expérimenter ? En Scandinavie, les petits bobos du quotidien sont vus autrement : une occasion d’apprendre et de grandir en confiance. Là-bas, un mot résonne souvent dans les aires de jeux et les cours de récréation : Op igen ! (« Allez, on se relève ! »). Cette simple expression danoise en dit long sur la manière dont les Scandinaves abordent l’apprentissage des enfants face aux petits défis du quotidien. Découvrons pourquoi cette philosophie est bien plus qu’un réflexe parental.
Un réflexe parental différent selon les cultures
En tant que parents, il n’est pas toujours évident de savoir comment réagir lorsque notre enfant tombe ou se fait mal. Nous parlons ici des petits bobos du quotidien liés à leurs apprentissages : trébucher, se cogner, chuter en jouant. En France, la tendance est souvent de courir vers l’enfant, l’air inquiet, en lui demandant d’une voix anxieuse : « Ça va ? Tu as mal où ? », et parfois même d’appliquer un pansement alors qu’aucune blessure n’est visible.
Lorsque j’ai déménagé au Danemark, j’ai immédiatement remarqué une approche bien différente. Les parents scandinaves, très décontractés et habitués aux « risky games », adoptent une réaction bien plus calme et posée. Si un enfant tombe, les adultes n’accourent pas immédiatement. Ils lui laissent d’abord l’opportunité de se relever seul. Pourquoi ? Parce que bien souvent, une chute de leur propre hauteur n’entraîne pas de douleur. C’est souvent la réaction anxieuse de l’adulte qui déclenche les pleurs.
En laissant l’enfant se « débrouiller », on lui permet d’apprendre, d’analyser ce qu’il s’est passé et de développer sa confiance en lui.

« Op igen ! » : un mot-clé pour apprendre la résilience
Si l’enfant pleure, le parent intervient en douceur, le relève et lui dit : « Op igen ! » (traduction : « Allez, on se relève et c’est reparti ! »). Un autre réflexe courant est d’inviter l’enfant à « souffler sur le bobo », une manière de détourner son attention avant de l’encourager à retourner jouer.
Bien entendu, cette approche s’applique uniquement aux situations non dangereuses, où l’enfant teste ses propres limites en toute sécurité. Les parents scandinaves préfèrent observer et n’intervenir que si cela s’avère nécessaire, plutôt que d’anticiper chaque petit risque et d’assister l’enfant à outrance.
Cette philosophie vise à encourager la détente mais surtout à éviter la surprotection excessive. En anticipant constamment les dangers à sa place, l’enfant n’apprend pas à les reconnaître lui-même. Il sera donc moins armé en grandissant, lorsque nous ne serons plus toujours autour de lui.
Pour adopter cette approche scandinave, il faut accepter un certain lâcher-prise : se préparer à voir son enfant se coincer un doigt, se mouiller les pieds, tomber en montant à l’envers ou trébucher en courant sur une pente. Ces expériences sont essentielles à son apprentissage.
Pourquoi cette approche favorise la confiance en soi ?
Au Danemark, les aires de jeux sont conçues pour encourager le « risky play » : grandes balançoires, toboggans vertigineux, structures à escalader parfois très haut. Les cours de récréation des crèches et écoles sont elles aussi aménagées pour favoriser l’exploration.
L’idée derrière cette approche est simple : plus un enfant apprend à connaître ses limites tôt, plus il sera capable de gérer les risques de manière raisonnée en grandissant. En explorant librement, il développe son autonomie, sa résilience et, surtout, sa confiance en lui.
Si cette philosophie vous séduit mais que vous trouvez difficile de l’appliquer, voici une astuce : essayez de bannir certaines phrases réflexes comme « Attention ! », « Tu vas tomber ! », « Fais pas ça ! », « Je t’aide ». Placez-vous plutôt en retrait, observez et intervenez uniquement si votre enfant vous sollicite.
Avec le temps, « Op igen ! » prend un sens bien plus large. Dans la vie aussi, on trébuche, mais on se relève. Et ces enfants, habitués dès leur plus jeune âge à surmonter les petits obstacles du quotidien, auront toutes les ressources pour affronter ceux de la vie.

Et si on essayait ?
Lâcher prise, laisser nos enfants tester leurs propres capacités, oser les voir tomber… et se relever. Cette approche vous tente ? Alors, pourquoi ne pas essayer ce week-end ? 😉
👉 Découvrez toutes les astuces de la parentalité scandinave dans notre livre Manipani, parentalité scandinave, aux éditions DBS, disponible en librairie.
Lire aussi : Les clés de l’éducation à la nordique

Découvrez le livre Manipani
Laissez-vous inspirer par les pratiques scandinaves et découvrez les clés pour construire votre propre chemin vers un parentalité plus intuitive, respectueuse et heureuse.




