
Le temps de pause : une alternative bienveillante aux punitions au Danemark

Punition, caprice… ces mots qui n’existent pas dans l’éducation scandinave
Le Danemark est souvent cité comme un modèle de société moderne et inclusive, où la famille occupe une place centrale. Parmi les évolutions notables, les familles arc-en-ciel et la coparentalité se développent, offrant de nouvelles perspectives pour élever ses enfants. Ces modèles, qui s’éloignent du schéma traditionnel, ne sont pas seulement acceptés : ils sont reconnus légalement, garantissant aux enfants un cadre stable et bienveillant nécessaire à leur bien-être. Nous sommes allés à la rencontre de co-parents, qui nous parlent sans complexe de leur rôle de parents et de leur organisation au quotidien. Un regard éclairé sur cette nouvelle parentalité qui commence à faire son chemin un peu partout en Europe.
La coparentalité, un modèle familial bien intégré
Une famille arc-en-ciel, c’est une famille où les parents ne forment pas forcément un couple hétérosexuel classique. Ce peut être un couple de même sexe, mais aussi des amis qui décident d’avoir un enfant ensemble, des parents solos qui élèvent leur enfant avec une autre personne de confiance ou encore des familles recomposées où plusieurs adultes partagent la parentalité, tout comme deux parents divorcés.
Dans un pays où la flexibilité et l’égalité sont des valeurs fortes, ces modèles familiaux ne sont pas seulement acceptés, ils sont intégrés dans la société avec un cadre juridique clair et un accompagnement bienveillant.
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« Nous sommes une famille, tout simplement »
Mikkel et Jonas, sont en couple depuis douze ans. Avec leur amie Maria, ils ont choisi de devenir parents ensemble, chacun jouant un rôle actif dans l’éducation de leur fils, Emil, 4 ans.
« Nous avons toujours voulu des enfants, mais nous savions aussi que nous voulions partager cette aventure avec la maman de notre enfant. Maria, qui est une amie proche, rêvait elle aussi de devenir maman. Nous avons donc décidé de nous lancer ensemble, en posant dès le début des bases claires sur ce que nous souhaitions pour l’éducation de notre futur enfant.«
Aujourd’hui, Emil a 4 ans et grandit entre deux foyers, entouré de parents qui l’aiment et le soutiennent.
« Il a une maman et deux papas, et tout cela est complètement naturel pour lui. Ce que nous apprécions le plus ici, c’est que notre modèle familial est reconnu et accepté, nous n’avons pas besoin de nous cacher mais pouvons en être fiers. Aucune question gênante à l’école, aucun regard curieux dans la rue. Juste une famille comme une autre. »
Le Danemark, un pays en avance sur la question
Et si les familles arc en ciel et la co-parentalité font désormais partie du quotidien au Danemark, c’est aussi parce que le pays fait figure de pionnier en ce qui concerne l’inclusion et les droits de la communauté LGBT+. Le Danemark a été le premier pays au monde à légaliser l’union civile entre personnes de même sexe en 1989. Ce fut une avancée majeure qui a ouvert la voie à de nombreuses évolutions juridiques en matière de parentalité. En 1999, la loi a autorisé les couples de même sexe à adopter les enfants biologiques de leur conjoint, et en 2010, ils ont obtenu le droit d’adopter ensemble un enfant, comme n’importe quel couple hétérosexuel.
Par ailleurs, la procréation médicalement assistée (PMA) est accessible aux couples de femmes et aux femmes célibataires depuis de nombreuses années, bénéficiant d’une prise en charge entièrement gratuite dans le système de santé public danois à l’instar des autres couples. Depuis le 1er décembre 2013, la partenaire de la mère biologique peut également être reconnue comme co-mère dès la naissance de l’enfant, à condition que la conception ait eu lieu via une assistance médicale à la procréation.
Quant aux familles composées de plus de deux parents, il n’existe pas encore de règles spécifique, seuls deux parents étant officielement reconnus. Toutefois, la législation évolue progressivement pour leur garantir une reconnaissance juridique complète, notamment en matière de droits parentaux partagés.
Les crèches et les écoles sont sensibilisées à ces nouvelles configurations, et les enfants grandissent dans un environnement où la diversité familiale est la norme plutôt que l’exception.

Un quotidien bien organisé
La clé d’une coparentalité réussie, c’est l’organisation mais avant et surtout la communication. Si chaque famille organise sa vie de coparents de façon très différente, la plupart choisissent de définir des règles claires dès le départ : où vivra l’enfant, comment seront prises les décisions importantes, quelle sera la répartition des responsabilités ? Mais l’important semble aussi de faire preuve d’une grande flexibilité en fonction des contraintes de chaque parent mais avant tout en fonction des besoins de l’enfant.
Pour une meilleure organisation et une plus grande flexibilité, certains comme Stine et Helen, co-parents de Magnus, 2 ans, avec Lars le papa, décident même de partager le même toit, tout en conservant leur propre espace d’intimité.
« Ça faisait partie de nos exigences. Nous voulions que notre enfant n’ait qu’une seule maison et puisse passer du temps avec son papa autant de temps qu’avec nous deux. Mais vivre tout ensemble au même endroit ne veut pas dire tout partager. Nous avons chacun nos espaces et respectons toujours le temps d’intimité de l’autre. »
Au Danemark, l’État facilite cette organisation grâce à des congés parentaux équitables, des allocations adaptées et un soutien qui permet aux parents de se concentrer sur l’essentiel : l’éducation de leurs enfants.
Le congé parental est par exemple accessible aux deux parents, quel que soit leur genre, et peut être réparti selon les besoins de la famille. Les familles coparentales bénéficient presque des mêmes avantages que n’importe quelle autre famille.
Le bien-être de l’enfant avant tout
Et si le plus important pour un enfant, ce n’était pas tant la structure familiale traditionnelle, mais la qualité des relations et la stabilité émotionnelle ? C’est en tout cas le parti-pris du Danemark où tout est mis en œuvre pour que chaque enfant grandisse dans un environnement bienveillant, où il se sent aimé et soutenu, quel que soit le modèle parental de sa famille.
Et si les enfants de familles arc-en-ciel sont tout aussi heureux que les autres enfants, c’est peut-être aussi parce que les parents le sont aussi. Comme on aime souvent à dire ici au Danemark : « Parents heureux, enfants heureux ». C’est d’ailleurs le fil conducteur de notre livre « Parentalité scandinave : les secrets des enfants les plus heureux du monde ».
Une parentalité partagée, c’est pas exemple moins de pression sur une seule personne, une répartition plus fluide des responsabilités. Le modèle alternatif de co parentalité offre un cadre aussi sécurisant que toute autre famille avec plusieurs figures parentales stables et investies.
Mikkel, Jonas et Maria ont choisi dès les 1 an d’Emil, de se relayer 1 semaine sur 2. L’emploi du temps n’est pour autant pas figé et il n’est pas rare que l’un des trois parents passe chercher Emil à la sortie de la maternelle quand celui ou celle qui en a la garde travaille plus tard. Toutefois, chacun respecte le temps de pause de l’autre et l’équilibre des co-parents.
« C’est vrai que c’est une remarque que mes amies mamans solo me font souvent. La chance de pouvoir prendre le temps de souffler un peu le temps d’un week-end ou d’une semaine, pendant que le ou les co-parents prennent le relais. »
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Vers une reconnaissance plus large en Europe
Il est évident que ces nouveaux modèles de familles bousculent notre vision de la parentalité.Si les familles arc-en-ciel et la coparentalité sont désormais une évidence au Danemark et une évolution naturelle en phase avec société, elles commencent aussi à faire leur chemin ailleurs en Europe. La France, par exemple, a ouvert la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires en 2021, mais les droits des familles coparentales y restent encore flous. En Espagne et en Allemagne, les discussions sur la reconnaissance des familles pluri-parentales sont également en cours.
Vous avez fondé une famille arc-en-ciel ou avez choisi d’être co-parents ? Partagez votre témoignage en commentaire.

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Photo de couverture : Kaboompics.com




